DE L’USAGE DES FÊTES ET DES SYMBOLES PAR DELA LES SIECLES…

par Louis SAISI

 

 

 

15 JUILLET 2018… JOUR de FÊTE ET DE LIESSE

Pour la seconde fois de son histoire, vingt ans après (comme dans les Trois Mousquetaires), l’équipe de France de football remporte la coupe du monde en battant la Croatie…
Toute la France vibre, pavoise, est en fête…

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous, Henri IV, Roi de France (1594-1610)

 

On connaît le mot prêté à HENRI IV : « Paris vaut bien une messe », un certain jour de juillet, d’il y a bien longtemps…

Ce mot aurait été, en effet, prononcé après sa conversion au catholicisme le 25 juillet 1593 en la basilique de SAINT-DENIS au moment de son abjuration du protestantisme…

Certains prétendent que cette formule lui a été faussement attribuée et la prêtent volontiers à son conseiller Maximilien de BÉTHUNE, plus connu sous le nom de SULLY…

D’autres, plus radicaux, estiment qu’elle n’aurait jamais été prononcée…

Quoiqu’il en soit, la postérité a retenu la phrase en l’attribuant à HENRI IV tant elle résumait bien la situation de la période agitée de notre histoire nationale, ce qui montre combien la France, dans sa glorieuse histoire, est attachée aux symboles qui, à PARIS, parfois ponctuent les noms de certaines stations de métro (Bastille, République, Nation).

 

 

 

METRO EN FÊTE…

Ainsi la RATP a décidé de célébrer ce lundi 16 juillet 2018 et jusqu’à demain mardi, la victoire, le 15 juillet 2018, de l’équipe de France au Mondial de foot 2018.

Selon la RATP, la victoire des « Bleus », de leur capitaine (Hugo LLORIS) et de leur entraîneur (Didier DESCHAMPS) vaut bien, non pas une messe comme en 1593, mais provisoirement quelques noms de stations de métro allégrement rebaptisées pour la circonstance, et jusqu’à demain mardi.

 

 

I/ La victoire collective de l’équipe de France est célébrée dans trois stations de métro
  • La station AVRON est dédiée à la victoire : « NOUS AVONS GAGNÉ ».
  • La station de BERCY remercie les « Bleus » : « BERCY LES BLEUS ».
  • La station CHARLES DE GAULLE-ETOILE accroche une étoile supplémentaire, sans doute à l’Arc de Triomphe, pour devenir : « ON A DEUX ÉTOILES ».

 

II/ L’entraîneur de l’équipe de France est célébré dans deux stations de métro 
  • La station «CHAMPS-ÉLYSÉES–CLEMENCEAU» lui est dédiée et devient « DESCHAMPS-ÉLYSÉES-CLEMENCEAU».
  • De manière encore plus affective, son nom est entièrement substitué à la station de métro « NOTRE-DAME-DES CHAMPS » qui devient ainsi « NOTRE DIDIER DESCHAMPS ».

 

III/ Le capitaine de l’équipe de France (Hugo LLORIS) est célébré dans une station de métro consacrée à une gloire nationale

Ainsi à la station «Victor HUGO», Hugo LLORIS, capitaine de l’équipe de France et valeureux gardien de buts, rivalise avec Victor HUGO, notre grand poète et écrivain national engagé, combattant le second Empire au nom de sa fidélité aux principes républicains. La station a été rebaptisée provisoirement, juste pour le temps de la fête : «Victor HUGO-LLORIS»…

CHAMPS ELYSEES EN FÊTE… 

Mais la célébration de la victoire des « Bleus » ne s’arrête pas pour autant à ces mesures symboliques.

En effet, la parade de l’équipe tricolore aux CHAMPS-ELYSÉES devrait s’effectuer, selon la RATP «à bord d’un bus électrique Open Tour Paris, entièrement pelliculé pour l’occasion ». Les membres de l’équipe de France salueront ainsi leurs supporters et « fans » entre la Place de l’Etoile et le Palais de l’Élysée.

Avec un peu de retard sur les prévisions horaires initiales, c’est seulement vers 18h30 que les «Bleus» du sélectionneur Didier Deschamps devraient descendre les Champs-Élysées…

 

 

CONCLUSIONS : FÊTE ET POLITIQUE…

Cet après-midi – qui devrait être le point d’orgue de cette liesse populaire nationale – risque de faire bien vite oublier la fête nationale du 14 juillet 2018 dont la symbolique militaire demeure toujours bien éloignée de la fête originelle de la Fédération qui célébra, le 14 juillet 1790, l’unité et la concorde de la Nation mais aussi l’irruption du peuple dans la Révolution française avec la prise de la Bastille, un an auparavant, le 14 juillet 1789.

Parmi nos concitoyens et sur le plan médiatique, les victoires et prouesses sportives de nos équipes nationales prennent une place et une dimension hyperboliques d’autant plus fortes que le débat politique s’affaisse et s’atrophie – il faut combler le vide -, ce qui ne veut pas dire, bien sûr, qu’il ne faut pas fêter nos victoires sportives et nos valeureux “héros” qui font honneur à la France…  

Louis SAISI

Paris, le 16 juillet 2018

 

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